Le stress chronique : une réponse du corps avant d’être un problème mental
On parle beaucoup du stress aujourd’hui. Il est devenu un mot-valise, presque banal, que l’on associe spontanément à une surcharge de pensées, à un excès de responsabilités ou à une incapacité à “lâcher prise”. Pourtant, lorsque l’on prend le temps d’observer ce que vivent réellement les personnes en situation de stress chronique, une autre réalité apparaît.
Bien avant que le mental ne s’emballe ou ne s’effondre, c’est souvent le corps qui encaisse.
Dans ma pratique, ce sont rarement les pensées qui arrivent en premier dans le discours des personnes. Ce sont plutôt des sensations : une fatigue qui ne passe pas malgré le repos, une respiration devenue courte sans raison apparente, des tensions persistantes dans le dos ou la nuque, un sommeil qui n’est plus vraiment réparateur. Autant de signaux corporels qui précèdent parfois de plusieurs mois la prise de conscience d’un état de stress installé.
Le stress n’est pas une faiblesse, c’est un mécanisme d’adaptation
D’un point de vue physiologique, le stress n’est ni un dysfonctionnement ni une fragilité. Il s’agit d’un mécanisme d’adaptation parfaitement normal, inscrit dans notre biologie. Face à une situation perçue comme exigeante, le corps mobilise ses ressources : activation du système nerveux autonome, libération de cortisol et d’adrénaline, augmentation de la vigilance.
Ce système est efficace, tant qu’il reste ponctuel.
Les travaux du Dr Hans Selye, pionnier dans la recherche sur le stress, ont montré que ce n’est pas le stress en lui-même qui pose problème, mais sa chronicité. Lorsque l’organisme reste durablement en état d’alerte, il ne parvient plus à revenir à son état d’équilibre interne. Le corps continue alors à fonctionner comme si le danger était permanent, même lorsque la situation extérieure ne le justifie plus.
Quand le corps s’adapte trop longtemps
C’est souvent là que la confusion s’installe. Beaucoup de personnes disent : « Je gère », « Je tiens le coup », « Je n’ai pas le choix ». Le mental s’adapte, rationalise, minimise. Le corps, lui, continue de s’ajuster en silence.
Avec le temps, cette adaptation permanente a un coût. Le système nerveux perd en flexibilité, la respiration se modifie, les muscles restent contractés, le sommeil devient plus léger. Ces manifestations ne sont pas des pannes, mais des tentatives de régulation dans un organisme qui ne trouve plus de véritable moment de relâchement.
Les recherches en neurosciences et en psychotraumatologie ont largement documenté ce phénomène. Le psychiatre américain Bessel Van Der Kolk souligne notamment que le corps conserve la mémoire des états de stress, indépendamment de la compréhension cognitive que l’on peut en avoir. Autrement dit, même lorsque l’on “sait” que tout va bien, le corps peut continuer à réagir comme si le danger était toujours présent.
Les limites d’une approche uniquement mentale
Dans ce contexte, il devient compréhensible que les stratégies purement mentales atteignent rapidement leurs limites. Se raisonner, relativiser ou se motiver peut aider ponctuellement, mais ces leviers restent insuffisants lorsque le système nerveux est déjà saturé.
Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre un danger réel et un danger perçu. Tant que le corps envoie des signaux d’alerte, le mental reste sous influence. C’est pourquoi certaines personnes ont le sentiment de “comprendre” leur stress sans parvenir à le ressentir autrement.
Revenir au corps pour restaurer un sentiment de sécurité
Travailler avec le corps permet de s’adresser directement à ces mécanismes profonds. La respiration consciente, la détente musculaire, l’attention portée aux sensations corporelles ou le mouvement doux ne cherchent pas à supprimer le stress, mais à restaurer un sentiment de sécurité interne.
Lorsque le corps perçoit qu’il peut ralentir sans danger, le système nerveux commence à se réguler. Le rythme cardiaque s’apaise, la respiration s’approfondit, les tensions diminuent progressivement. Ce sont souvent ces changements subtils, mais concrets, qui permettent ensuite au mental de retrouver de la clarté.
La sophrologie s’inscrit dans cette approche psycho-corporelle. Elle propose un cadre structuré pour renouer avec ces capacités naturelles de régulation, en respectant le rythme et les limites de chacun. De nombreuses institutions de santé reconnaissent aujourd’hui l’intérêt des approches non médicamenteuses dans la prévention et l’accompagnement du stress chronique.

Une autre manière d’aborder le stress
Considérer le stress uniquement comme un problème mental revient à demander à l’esprit de résoudre seul une situation qui concerne l’ensemble de l’organisme. Replacer le corps au centre de l’accompagnement permet une approche plus juste, plus respectueuse et souvent plus durable.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la méthode Votre Espace-Temps®. Elle ne cherche pas seulement à faire disparaître les symptômes, mais à créer un espace où le corps, les émotions et le mental peuvent progressivement retrouver un équilibre.
Le stress chronique n’est ni une faiblesse ni un échec personnel. Il est souvent le signe d’un corps qui a fait de son mieux trop longtemps. Apprendre à l’écouter, plutôt qu’à le contraindre, ouvre la voie à un apaisement plus profond et plus durable.
Si vous ressentez que votre corps vous envoie des signaux que vous ne savez plus comment entendre, un accompagnement adapté peut constituer une première étape pour recréer cet espace intérieur de sécurité et de bien-être.
Votre Espace-Temps® créé un espace pour écouter ce que votre corps exprime
Si vous avez le sentiment que votre corps vous envoie des signaux que vous ne savez plus comment interpréter, il peut être utile de prendre un temps dédié, accompagné et sécurisant.
La méthode Votre Espace-Temps® propose un cadre respectueux pour ralentir, comprendre ces signaux et retrouver progressivement un équilibre plus juste entre le corps, les émotions et le mental.
Prenez contact pour échanger autour de votre situation
Pour aller plus loin 📚
- Bessel Van Der Kolk, The Body Keeps the Score
- Hans Selye, The Stress of Life



